Gaz de schiste : une ressource en question

Par Olivier Duron – Les Cahiers de Saint-Lambert – Numéro 9
Les «Cahiers» ont été l’un des tout premiers médias à annoncer la révolution des gaz de schiste (1). D’immenses territoires en France et dans le monde recèleraient dans leur sous-sol du gaz – et aussi du pétrole – piégé dans la roche à plus de 2000 mètres de profondeur. En France, l’Etat a donné le feu vert pour une exploration à grande échelle en signant plusieurs permis au profit de compagnies pétrolières françaises et américaines. Imaginez : l’Institut Français du Pétrole estime que le bassin de Paris pourrait abriter à lui seul un potentiel de pétrole de schiste représentant plus de 70 années de production du Koweït. Fin janvier, Total annonçait avoir découvert un gisement de gaz de schiste dans le secteur de Montélimar équivalent à 10 ans de consommation française. Un rêve de pétrolier, mais à quel prix ?
Pour exploiter le filon, on a recours à la «fracturation hydraulique horizontale», une technique nouvelle mise au point par les Américains qui sont désormais les premiers producteurs de gaz au monde. Mais justement. L’expérience américaine révèle une situation qui pourrait bien annoncer un désastre écologique. Enorme consommation d’eau, fissuration de puits, Infiltrations, pollution de l’air et de l’eau par des produits chimiques, paysages dévastés…
De fait, en France, la mobilisation prend de l’ampleur pour dénoncer l’absence d’études d’impact et de débat public, et pour demander un moratoire sur les forages d’exploration. Sans oublier cette question cruciale : peut-on se lancer dans l’exploitation mondiale d’une nouvelle ressource fossile au moment ou la reconversion aux énergies renouvelables semble être la seule voie face à la crise climatique ?

La suite de l’article dans les Cahiers N°9


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